Mes parents habitent une maison magnifique, entourée d'arbres et d'étoiles. Un endroit où l'on pourrait presque oublier que la planète se meurt de la main des hommes.
J'avais 19 ans lorsque j'ai quitté cette maison.
J'avais 23 ans lorsque j'ai à nouveau appelé un endroit « chez moi ».
C'est pourtant les mains dans la terre noire du jardin de notre petite maison au bord du lac que j'ai su avoir trouvé l'endroit que je cherchais depuis mes 19 ans.
Entre ces quatre murs, même pas isolés pour l'hiver…
Sous ce toit, qui coulait un peu quand la pluie exagérait, là, à droite, dans la véranda…
Assise dans cette cabane que les précédents propriétaires auraient dû prendre le soin d'entretenir…
Je lève les yeux et les pose sur le lac. Guette les oiseaux. Sens la brise qui entre par les hautes fenêtres. Souris en écoutant son bruissement dans les feuilles des arbres.
Et je suis fière. Fière de savoir que maintenant, c'est ce paradis que j'ai à
offrir à mes enfants. Un paradis. Même rapiécé.

P comme Paradis